Commentaires sur Train in Vain

Publié le par Comte V

Je vous parle d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaitre...Un temps où l'expression artistique nourrissait débats enflammés, diatribes assassines et éventuellement coups de poing sur le nez, un temps où il fallait choisir son camp et le défendre avec la volonté guerrière d'un Banshee (voire d'une Siouxsie...). J'ai grandi en cette époque bénie et le soir, au coin du feu, le souvenir des Clash laisse toujours couler une larme de tendresse sur la peau ridée de mon visage buriné par les épreuves du temps...

Il faut savoir que The Clash, et bien c'était pas n'importe qui...The Clash, c'était les "sauveurs du rock" car en ces âges farouches, on se demandait si le rock, qui avait si bien véhiculé l'émancipation de la jeunesse pendant  trois décennies, n'était pas en train de mourir...Quand ils sortirent leur album "Sandinista", en 1980, avec quelques bijoux reggae et un rap à la sauce cockney  "The Magnificent Seven", tube qui propulsa le groupe en tête des charts américains (premier groupe anglais a réussir ce coup après les...Beatles), la presse titrait "Clash a trahi", ce qui prouve bien qu'on était pas là pour rigoler...

The Clash résista peu de temps à son succès commercial. Après deux autres albums un peu inégaux et quelques tubes (dont l'inénarrable "Rock the Casbah" ) le groupe implosa en 1986. Je me souviens avoir vu une interview de feu Joe Strummer, le chanteur, qui expliquait comment les pressions de toutes sortes avaient provoqué cette chute. Des larmes dans les yeux, il disait :" On ne devrait jamais toucher à ce qui est beau, on devrait le protéger, le chérir"...Histoire d'amour entre un musicien et son groupe...

C'est peut-être un concept difficile à accepter, mais le meilleur album de rock des années 80 est en fait sorti en 1979, à mon sens. L'album "London Calling" avait tout : une énergie de folie, une pochette qui reste sans aucun doute la meilleure de l'histoire (une photo en noir et blanc de Paul Simonon,  s'apprétant à détruire sa basse dans un mouvement de balancier élégant et rageur) et une tonne de bonnes chansons...le dévastateur reggae déguisé  "Londong Calling", les hymnes punk "Clampdown" et "Rudie Can't Fall", la protest song "Guns of Brixton",  et quelques autres perles comme "Spanish Bombs" ou encore l'étonnant "Lost in the Supermarket"...

Et puis il y avait "Train in Vain" que je propose en traduction. Très franchement, les paroles ont très peu d'intérêt...Si je les ai traduites, c'est tout simplement parce que j'aime beaucoup cette chanson. Ecrite la veille du dernier jour de studio de l'album, enregistrée en quelques heures, c'est une chanson complètement atypique des Clash tant au niveau musical qu'au regard de la mièvrerie du message. En effet, très engagé politiquement, le groupe s'est peu de fois laissé aller à la chanson sentimentale, si on excepte l'incontournable et festif  "Should I stay or should I go". Et puis d'abord, pourquoi ce titre (littéralement "Un train en vain"), alors qu'on ne parle pas du tout de train dans toute la chanson? 

Je dédie cette traduction à mon vieux copain, celui à qui j'écris quand je vais pas bien (clin d'oeil à Francis :* ;) ), avec qui j'ai chanté cette chanson à tue tête tout un été de colo inoubliable du coté de Biarritz...

 

 

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Publié dans Song Facts

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