Stairway to Heaven - Chanson

Publié le par Le Comte V

Stairway to Heaven est un monument du rock. Fantasme de tout guitariste en herbe (rappelez-vous la scène du magasin de musique dans « Wayne’s World »), morceau emblématique d’un groupe culte, paradoxes et polémiques, tout contribue à faire de cette chanson un morceau à part.
 
Premier paradoxe, la genèse de cette chanson qui oscille entre bricolage et expérience mystique. Tout est parti de l’adaptation par Jimmy Page d’un arpège du groupe Spirit (et de son fabuleux guitariste, le regretté Randy California) en décembre 1970, sur laquelle Robert Plant imagina des paroles quelques semaines plus tard, au coin du feu d’un manoir à demi-abandonné, lors d’une expérience qu’il qualifiera lui-même d’ « écriture automatique ». La structure elle-même de la chanson qui passe d’un folk champêtre, à un rythme rock pour finir sur des riffs metal après le légendaire solo de guitare, montre les différentes mutations au travers desquelles la chanson s’est construite. Le solo lui-même est constitué du collage de différents essais effectués par Jimmy Page entre Londres et la Californie. La flûte ne fut rajoutée que lors des sessions d’enregistrement, en référence aux paroles créées par Plant, le tout dans une atmosphère d’improvisation débridée .
 
Deuxième paradoxe, cette chanson universellement connue n’a jamais fait l’objet d’un single. Vécue par le groupe comme une expérience plus qu’un morceau représentatif de leur album « IV », les producteurs estimaient qu’une chanson de 8 minutes ne pourrait jamais être diffusée sur les radios. Sans doute cela a-t-il largement contribué à la vente record de l’album lui-même.
 
Des polémiques, il y en a eu des tas, liées essentiellement aux paroles. Je ne désire pas reprendre les travaux de tous les exégètes de cette chanson, mais le caractère énigmatique, cryptique de ses paroles a décontenancé beaucoup d’auditeurs, et fait couler beaucoup d’encre. Critique de l’individualisme forcené, de l’esprit matériel, symbolique celtique,  évasion tolkenienne (la Demoiselle qui croit que tout ce qui brille est de l’or serait Galadriel), bien des interprétations ont été avancées et jamais confirmées ou infirmées par ce malin de Robert Plant, qui pour ne pas clore cette polémique qui sert si bien sa création, s’est souvent caché derrière la vague explication de son écriture infuse.
 
Là où il est sorti de ses gonds par contre, c’est lorsque qu’en 1982, une association chrétienne de protection des consommateurs dénonça publiquement un message satanique caché dans la chanson, audible en la passant à l’envers. (voir le bonus)  Outre le fait qu’on distingue très mal le message que les représentants de cette association ont retranscrit, outre que le message en question n’a ni queue ni tête, la transcription réécrite dans le bon sens ne ressemble à rien, en tout cas pas à de l’anglais. En fait, cette info bidon qui servaient des fins prosélytes naquit surtout dans l’image inquiétante que pouvait donner Led Zepppelin aux biens pensants, avec son emphase sur les symboles mystiques et païens et l’aspect surnaturel que l’on peut  prêter à « Stairway to Heaven » réside à mon sens dans le fait qu’elle a été écrite sous l’influence sans doute abusive d’herbe Marocaine.
 

Enfin, une amusante anecdote trouvée sur le net. En 1991, en pleine guerre du Golfe, le programmateur d’une petite station de radio texane, fan de Led Zep, décide de passer « Stairway to Heaven » pendant 24 heures sur ses ondes. Au bout de quelques heures, une brigade d’intervention de la police débarque, arme au poing, après avoir été alertée par certains auditeurs que le personnel de la station avait sans doute été pris en otage par des agents de Saddam Hussein, sataniste et fan inconditionnel de Led Zep comme chacun sait, dans une subtile et sournoise tentative de déstabilisation du Pays de Dieu…Ah les braves gens !

 

Sommaire Paroles - Led Zeppelin - Traduction - Covers - Bonus

 

 

 

 

 

Publié dans Song Facts

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Miriel 29/05/2007 21:35

Bonsoir Monsieur le Conteça fait longtemps hein?et pourtant je ne t'oublie pas.Cette chanson est superbe, je l'aime beaucoup, mais je ne crois pas que Galadriel croit que tout ce qui brille est d'or (...)!Quand à Plant, ce che Robert, il a joué dans Tommy, qui a aussi été taxé anti chretien.Vrai ou faux?Je ne sais pas trop.Les idôles de ma jeunesse les Rolling Stones, (que je retrouverais à Lyon le 18.06, Dieu voulant (et oui, je suis croyante...) chantent "sympathie for the devil" et "dancing with Mister D", (D pour Devil).Mais à part certains goupes de hard qui clament très clairement leur appartnance au satanisme, je pense qu'il ne faut pas tout diaboliser, ce serait lui donner trop d'importance.Et je soupsonne certains de ne chanter ce genre de paoles que pour toucher un certain public, sans être eux même vraiment satanistes. Jeu dangereux!Mais bon, je voulais juste te dire que je viens pas tous les jours, mais que j'aime vraiment beaucoup ton blog.A bientôt

Le Comte V 08/06/2007 14:16

Merci de ton attachement à mon blog Miriel.Ence qui concerne Galadriel, il est vrai que Robert Plant n'a jamais caché son admiration pour le "Seigneur des Anneaux"...Certines chansons y font clairement référence comme "Ramble On" sur l'album Led Zeppelin II:"Twas in the darkest depths of mordorI met a girl so fair,But Gollum, and the evil one crept upAnd slipped away with her."Mais bon, je ne vois pas non plus en quoi Galadriel pourrait voir de l'or en tout ce qui brille. L'or du Lothlorien, c'est elle :)Voila quelques liens qui traitent de la présence du Seigneur des Anneaux dans l'oeuvre de Led Zep (en anglais):http://www.geocities.com/Athens/2406/http://louisville.edu/~rlhamm03/LOTRzeppelin.htmlhttp://www.ultimate-guitar.com/columns/junkyard/led_zeppelin_and_lord_of_the_rings.html Au plaisir de te revoir :)